DEVIL'S FACE

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En 1952 la Banque du Canada commande à George Gundersen de la British American Bank Note Company, le design des billets pour la prochaine émission dûe en 1954. M. Gundersen exécute la gravure du portrait de la Reine Élisabeth II d'après une photographie prise par Peter-Dirk Uys, un des photographes officiel de sa Majesté. Le travail suit son cours normal, les billets sont imprimés et mis en circulation. En 1954, une plainte d'un citoyen stupéfait se fait entendre à la Banque du Canada; les cheveux de la reine laissent apparaître les traits d'un visage démoniaque derrière l'oreille…
DEVIL'S FACE

Consternation! On cherche évidemment un coupable. M. Gundersen est le premier en lice et dément les accusations en disant qu'il s'est fié à la photo qu'on lui a remis. D'autres hypothèses suggèrent qu'on aurait affaire à l'œuvre d'un farceur qui travaillerait à la Banque même. On affirmera aussi que ce serait le travail d'un nationaliste Canadien-Français, ou bien d'un sympathisant de l'IRA. Avec le temps, la controverse s'estompe par manque de preuves tangibles, le négatif original restant introuvable.

Ce qui est désormais appelé le Devil's Face ne serait pas le fruit d'un acte volontaire: le hasard aurait eu raison de la Reine. Just a bad hair day! Finalement M. Gundersen modifiera le portrait de la Reine en assombrissant «le petit diable»; de nouveaux billets seront imprimés et mis en circulation. Les Devil's Face seront retirés du marché par les institutions bancaires et estampillés d'un CANCELLED du côté face et d'un tampon de l'institution au verso des billets.

 

C'est en 1984, à la mort du photographe, que la controverse reprendra quand on retrouvera les négatifs de la session de photos de 1952 et quand les mémoires de Peter-Dirk Uys seront publiées (Peter-Dirk Uys [Her Majesty's Image - The Life Of The Official Photographer Of Elisabeth The Second] Yellow Sheets Books, London (UK), 1985). Dans ses mémoires, monsieur Uys avouera son homosexualité et sa longue liaison avec John Rietveld, le coiffeur de la reine de 1947 à 1962. Encore plus surprenant est le fait que Uys flirtait dans certains cercles d'initiés avant son poste à Buckingham Palace. On apprendra dans son livre qu'il était disciple de Aleister Crowley (excentrique, écrivain et démonopathe) ainsi qu’amant de Kenneth Anger (photographe et cinéaste) dans les années 40 avant de se dévouer pleinement à son métier de photographe portraitiste.

 

Agence TOPO