La complainte d'une mère
Suite du poème de Fatou Ndiaye Sow


Un jour
Au lointain Fouta
Un matin, une mère avait dit :
-Hamady, mon petit, je te confie à Dieu

 

Depuis cette prière
Les grands vents ont soufflé

Et le désert entre eux a enseveli l'espoir
Et Hamady, dans une ville anonyme
Solitaire "Talibé" vêtu de sa misère
Brûle du feu de la faim
Du feu de la fièvre

Du feu du soleil de midi
Il se souvient de sa mère
Belle, belle, noire d'ébène
Là-bas au lointain Fouta

 


 

Mais le désert entre eux a enseveli l'espoir
Et la mère à l'heure où s'effacent les ombres de la nuit
Déverse en marmonnant l'eau fraîche sous la porte
Hamady, mon petit
Qu'importe que tu sois parti
Nous habiterons ensemble l'avenir
Pour t'attendre Hamady
J'aurais la patience de compter tous les grains de sable


Et dans mes bras j'éteindrais
Chaque nuit tous les lendemains
Pour vaincre l'espoir de vivre dans le quotidien fidèle
Et nous tisserons ensemble la joie des retrouvailles
Hamady, mon petit, je te confie à Dieu

 



La complainte d'une mère

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