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Sessions de lecture avec Santiago Tavera

 

Les vendredis 8, 15 et 22 avril 2016, à midi

Vitrine d’exposition de TOPO, 5445, de Gaspé, rez-de-chaussée

À l’heure du lunch, installé dans la vitrine de TOPO dans le Pôle de

création et de diffusion de Gaspé, l’artiste Santiago Tavera lira des

textes reliés à son installation Translational Spaces.

 

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Par Paule Mackrous

 

Lors du dévoilement de la « curieuse vitrine », c’est une multitude d’objets intrigants et hétéroclites qui apparaissent. Parmi ceux-ci, des projections colorées animent des volumes géométriques. Spontanément, on se colle le nez sur la vitre comme pour entrer dans ce qui s’apparente à une petite fête foraine. On se bute irrémédiablement à la surface vitrée qui, tel un écran, rappelle que seul notre regard y est convié. Toutefois, un grand curseur pixélisé à l’avant-plan capte nos mouvements. Il dirige notre regard vers un cercle chromatique projeté sur une roue à moteur. Si l’œuvre n’est pas a priori interactive, elle n’engage pas moins d’entrée de jeu le spectateur qui, par sa présence, actionne la « roue de fortune » et fait changer les couleurs de petites lampes à l’avant-plan. Celles-ci ont été fabriquées à partir de verres coniques trouvés dans un bazar. Un peu plus loin, sur le mur, on aperçoit deux bateaux à voile fabriqués par l’artiste, inspirés d’un voyage au Maroc. Ces confections sont représentatives de la démarche créatrice à l’origine du projet de Joseph Lefèvre. L’artiste remixe, souvent de manière artisanale, différents objets, souvenirs et éléments de culture qui lui sont chers.

Au cœur de cette ambiance festive, on découvre un monde complexe où l’horreur côtoie étrangement la frivolité. Un mini théâtre, dont le rideau est retenu par une main, fait voir un montage vidéo d’une performance du groupe de féministes russes Pussy Riot. Le bricolage visuel marie l’esthétique des défilés de mode des années ’60 avec celle des cagoules des militantes. Des photos des tirailleurs sénégalais et marocains, ces hommes qu’on a recrutés dans l’Armée coloniale pour défendre la France durant la Première Guerre mondiale, sont suspendues au mur. Morts pour une nation qui n’est pas la leur et quasi absents de la mémoire collective, ils sourient ici à pleines dents. Dans un petit cadre illuminé, des crânes humains en pâte à sel sont empilés. Ils renvoient à la guerre civile cambodgienne et au génocide opérés par les Khmers rouges. La curieuse vitrine esquisse ainsi une histoire ouverte à laquelle s’ajouteront des éléments tout au long de l’exposition : une histoire fragmentée qui se situe, comme l’histoire des mentalités de Jacques LeGoff, « au point de jonction de l’individuel et du collectif, du temps long et du quotidien, de l’inconscient et de l’intentionnel [1]». C’est dans leur entrelacs, sans le principe chronologique, que les événements s’animent d’un sens renouvelé. Enfant de la ville de Verdun, là où la mémoire de la guerre s’incarne dans l’ossuaire de Douaumont[2], l’artiste nous transmet des faits d’une manière engagée, sensible et clairvoyante. Cela m’évoque lorsque Nietzsche écrivait à propos de l’histoire que, « pour comprendre bien un fait, il faut se sentir lié à lui par les liens les plus sacrés. C’est là le seul moyen d’en parler avec art.[3]»

 

[1] Jacques Le Goff. 1974. Les mentalités, une histoire ambigüe, volume III, Paris Gallimard, p.111.

[2] L’ossuaire de Douaumont réunit les tombaux des centaines de milliers de soldats en hommage aux combattants de la première guerre mondiale.

[3] Friedrich Nietzsche. 1998. Seconde considération intempestive : de l’utilité et de l’inconvénient des études historiques pour la vie, Paris, Flammarion, p.47.

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Texte de Paule Mackrous
Janvier 2016

 

C’est avec une massue et un burin dans les mains qu’Oli Sorenson lance son exposition dans la vitrine de l’Agence TOPO. Deux écrans sont placés derrière la vitre : l’un est le réceptacle du geste performatif consistant à briser l’écran en plusieurs endroits, l’autre présente la documentation des multiples configurations générées par une telle action. Entre les deux se trouvent les objets contondants utilisés par l’artiste.

D’entrée de jeu, le titre oriente l’interprétation : il s’agit d’un remix des œuvres performatives de Michelangelo Pistoletto. Dans ses performances récentes, l’artiste issu du mouvement de l’Arte Povera fracasse de grands miroirs avec à une massue. Par le miroir fragmenté, Pistoletto propose un autoportrait social révélant l’interconnexion entre les gens : « Each shard still has the same reflecting quality as the whole mirror » raconte-t-il, « so all mirrors are connected, smashed or intact, just as all humans share the same basic DNA[1]».

Tel que l’écrit Campanelli, « remix is not only allegorical, but is also dependent on history to be effective [2]». Le remix conserve en partie le sens de l’œuvre appropriée à partir duquel de nouvelles significations peuvent émerger. Sorenson s’approprie le geste qui mène à la cassure, mais troque la surface réflexive pour un écran LCD. L’effet et le message s’en voient inévitablement transformés. D’une part, le geste est attentif, contrôlé, l’artiste prenant soin de ne pas rompre la pellicule de plastique contenant les cristaux liquides. On s’éloigne ainsi de l’effet spectaculaire qu’engendre le bruit et le dispersement des éclats d’un miroir brisé violemment. D’autre part, la télévision, miroir déformant et lieu de toutes les projections identitaires, est entièrement détournée de sa fonction initiale. On ne peut plus fuir dans le monde de fiction de l’écran, on est forcés de s’attarder à sa surface, là où se sont cristallisés des petits feux d’artifice. Ce sont, en quelque sorte, les signatures de l’artiste. L’objet industriel devient unique. Par là, Video Pistoletto révèle une interconnexion profonde entre deux pulsions contradictoires qui forgent notre rapport au monde : la destruction et la création. Le geste de Sorenson donne une seconde vie à l’écran LCD, une technologie vouée, comme toutes les autres, à l’obsolescence. L’écran altéré, devenu œuvre d’art, trouvera idéalement sa place chez un collectionneur plutôt que dans un dépotoir.

Oli Sorenson reviendra avec son burin et sa massue plusieurs fois durant l’exposition pour laisser ses empreintes lumineuses et faire apparaitre les qualités intrinsèques de l’objet. Ce geste transformateur et conscient des enjeux environnementaux actualise de manière percutante la célèbre formule de Debord : « Nous ne voulons plus travailler au spectacle de la fin du monde, mais à la fin du monde du spectacle ».

 

[1] Jonathan Jones, « Michelangelo Pistoletto : the Artist With a Smashing Way to Save the World », The Guardian, 28 Mai 2014, tiré de http://www.theguardian.com/artanddesign/2014/may/28/pistoletto-arte-povera-mirror-smasher-eco-houses-interview

[2] Vito Campanelli, Web Aesthetics : How Digital Media Affect Culture and Society, Institute of Network Cultures, Rotterdam, 2010, p. 163.

 

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Atelier professionnel sur le développement d’applications artistiques
Maison Notman /
3 février – 13 h à 16 h

Soirée de performances
Sortir de l’écran / Spoken Screen
Programme double avec Alexis O’Hara
La Vitrola / 4 février – 20 h

Atelier d’expérimentation
Les mots dans l’espace / Words in Space
Agence TOPO / 6 et 7 février – 10 h à 16 h

 

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L’Agence TOPO annonce la venue au Québec de l’artiste autrichien Jörg Piringer, poète médiatique et développeur d’applications, pour une série d’ateliers et de performances entre le 3 et le 7 février 2016.

Piringer est un poète, musicien et programmeur dont la pratique oscille entre le langage, la littérature, la poésie graphique et sonore et les technologies de l’information. En 2015, le Service des arts et de la culture de la chancellerie d’Autriche lui décernait le prix de l’artiste exceptionnel de l’année en arts médiatiques.

Son programme d’activités à Montréal comprend un atelier professionnel dédié aux développeurs d’applications pour iOS, Apple Watch et OSX, le 3 février à la maison Notman ; une performance à la Vitrola, le 4 février, avec la poète performeuse montréalaise Alexis O’Hara, dans le cadre de la série de performances médiatiques Sortir de l’écran / Spoken Screen ; une fin de semaine d’atelier les 6 et 7 février, à l’Agence TOPO, pour les artistes intéressés à expérimenter avec les outils et méthodes de Jörg Piringer. Cet atelier d’expérimentation avec le texte s’inscrit dans le cadre du programme Les mots dans l’espace / Words in Space que l’Agence TOPO organise annuellement avec des artistes invité(e)s. Jörg Piringer participera le 3 février à la 3e édition des rendez-vous COMPOSITE – forum de la créativité numérique, un lieu de rencontre et de réseautage entre artistes et entrepreneurs où sont présentés brièvement par leurs promoteurs une dizaine de projets novateurs récents ou en cours de développement.

 

jörg piringer  

[digital sound visual interactive poetry etc.]

http://joerg.piringer.net

Né en 1974, Jörg Piringer vit et travaille en Autriche. Ses œuvres explorent l’intelligibilité et l’abstraction à travers la vidéo, le son, l’installation, la performance et la net-litterature de l’Internet. Il utilise les codes du langage écrit et parlé des médias de masse comme une expérience personnelle lui permettant d’amplifier son idée que la poésie est aussi un processus d’information.

Il détient une maitrise en informatique et il est membre de l’Institut de recherche Transacoustic et du Vegetable Orchestra.

Comm_Piringer

Mercredi 3 février – 13 h à 16 h
Maison Notman – 51, rue Sherbrooke Ouest
Atelier sur le développement d’applications artistiques pour iOS, Apple Watch et OSX.
Entrée gratuiteinscription obligatoire : diffusion@agencetopo.qc.ca

Jörg Piringer est un artiste des arts numériques et de la programmation. Il travaille comme artiste indépendant et chercheur dans les domaines de la musique électronique, de l’art radiophonique et sonore et de la poésie visuelle électronique en plus de développer des applications pour les communautés en ligne, le spectacle vivant, l’installation sonore, les jeux informatiques et l’art vidéo. Lors de son atelier à la Maison Notman, Piringer présentera les enjeux techniques liés à la création et à la diffusion des applications qu’il a créées, dont :

unimator // utilise l’ensemble des caractères typographiques disponibles sur les différents supports numériques – tels que Smileys, Émoticons, caractères, symboles et scripts – pour créer de l’art ASCII composé des textes et d’animations.
https://vimeo.com/98533520

tiny poems // diffuse de la poésie minimaliste dans des appareils mobiles comme l’IWatch, le iPhone et l’iPad . Les poèmes proposent des textes courts et dynamiques pour l’écran et le poignet, qui reflètent le temps et la vanité. Ils changent constamment au rythme du temps qui passe.
https://vimeo.com/125372194

unicode infinite // est une installation vidéo de texte interactif et génératif. L’application anime les caractères multilingues de base de la norme unicode et compose une installation vidéo de textes polyphoniques.

konsonant // joue avec les lettres et les sons, construit des machines acoustiques, contrôle la formation de nuages (clouds) et permet l’expérimentation avec l’alphabet en dessinant des lignes et des réseaux acoustiques.
Application primée  au App Art Award 2012.
https://vimeo.com/38471196

Voici d’autres applications artistiques créées par Piringer
RealBeat http://www.apps.piringer.net/realbeat.php
gravity clock http://www.apps.piringer.net/gravity-clock.php
abcdefgh…http://www.apps.piringer.net/abcdefg.php
RealBeat for Mac http://www.apps.piringer.net/realbeat-mac.php

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Jeudi 4 février 20 h
La Vitrola – 4602, Boul. St-Laurent
Sortir de l’écran / Spoken Screen Soirée de performances médiatiques
Jörg Piringer (Autriche) darkvoice
Alexis O’Hara (Montréal) Spoken Noise
Entrée : 10 $ / 5 $ (membres de l’Agence TOPO)

darkvoice est un texte-performance audiovisuel et électronique basé sur la langue parlée en cette ère de surveillance permanente et globale. Par analogie aux langages historiques secrets tels que le rotwelsch allemand ou l’argot français, la performance questionne la construction d’un langage électronique ne pouvant être compris : darkvoice.

darkvoice évoque le côté sombre d’un langage, le code-talkeur que personne ne parle ou comprend, car ce langage n’existe pas. darkvoice évoque l’autocensure ultime, le message indéchiffrable. darkvoice est le son d’un nouvel ordre mondial, la langue privée de l’Internet. 

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Samedi 6 et dimanche 7 février – 10 h à 17 h
Agence TOPO – 5445, av. de Gaspé, espace 608
Les mots dans l’espace / Words in Space
Atelier d’expérimentation avec les outils et méthodes de Jörg Piringer
Sur inscription seulement50 $ / personne

Avec Les mots dans l’espace / Words in Space, l’Agence TOPO invite des chercheurs et des praticiens de la littérature numérique afin de contribuer au développement d’une expertise en spacialisation du texte et de la littérature dans les espaces physques et virtuels.

Lors de cet atelier, les participants travailleront sur l’idéation, la création et la performance médiatique à partir de la poésie ou du texte. Ils utiliseront des logiciels simples et des dispositifs pour manipuler, réorganiser et modifier leur propre voix dans le but d’en arriver à une performance en direct et de créer du texte visuel. 

Cet atelier ne nécessite pas de connaissances en informatique ou autre technologie, simplement de savoir écrire et de parler.

Les participants ont besoin d’un ordinateur portable

Inscription obligatoire. Places limitées.
Info : Agence TOPO / 514 279-8676
diffusion@agencetopo.qc.ca