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METAFIVE

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Depuis 2008, Heimbecker a rédigé près de 2000 jeux de mots, calembours et néologismes évoquant le quotidien et les changements de paradigmes de la vie artistique. METAFIVE (2015), après le concert-performance RIPALIPER qui s’est déroulé plus tôt cette année lors de l’événement Sortir de l’écran, propose de remixer les plus récents de ces écrits dans un poème audio-visuel en continu et activé par le passage des visiteurs devant la Vitrine de l’Agence TOPO.

METAFIVE consiste en une installation montrant à voir des centaines de cartes rédigées à la main, présentées de façon asynchrone, sur cinq écrans LCD de 15 pouces. Les lettres des phrases inventées sont traduites en trames sonores par un logiciel associant des thèmes musicaux aux mots et aux phrases. Des échantillons de sons de pianos, de violoncelles et de contrebasses forment une riche mélodie. Mixés in situ, METAFIVE crée une association libre entre les mots et leurs significations, les images et les sons.

Agence TOPO a soutenu la création de ce projet de Steve Heimbecker qui a collaboré avec Étienne Grenier, programmeur MaxMSP.

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Biographie

Steve Heimbecker est un artiste, compositeur et concepteur d’environnements multicanaux immersifs. Sa première composition octophonique a été créée et présentée en 1992 à Calgary, en Alberta. Il a réalisé des conceptions sonores pour 64 canaux audio indépendants. Son travail fait partie de collections publiques telles que le Musée national des beaux-arts du Québec et la Alberta Art Foundation. Il a obtenu de nombreuses bourses du Canada, du Québec, de la Saskatchewan et de l’Alberta. Sur la scène internationale, il a obtenu deux mentions honorables au Prix Ars Electronica (Linz, Autriche) : Art interactif en 2005 et Musique numérique en 2009. Il a remporté le prix du jury Auro 3D 9.1 du concours Mixage FOu 2013 (France). En 2015, Heimbecker a complété son épique série audio-vidéo et installation poétique NOTES lors de son séjour au bétaLAB de Sporobole situé à Sherbrooke, au Québec. L’installation NOTES est composée d’écrans LCD diffusant 56 canaux audio et plus de 1600 images réalisées à partir de textes ou de néologismes. Heimbecker a obtenu la Résidence du Conseil des arts du Canada pour les arts numériques – artiste – compositeur à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), École des médias – Faculté de communication, pour 2014-2015. La série de concerts produite par Hexagram UQAM, SONIC JELLO : immersion en 64 canaux pour corps, viscères et cerveau, constituait le résultat de cette résidence.   Avec près de 30 années de pratique artistique, Heimbecker a présenté ses installations, performances audio et compositions au Canada, en Europe, à New York et au Pérou, ainsi que lors de résidences d’artistes ou pour des commandes d’œuvres. Il vit et travaille à Sherbrooke.

www.steveheimbecker.net

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Par Paule Mackrous

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On représente la plupart du temps la surveillance par une sorte d’anthropomorphisme : c’est l’humain qui surveille l’autre humain par le truchement d’un dispositif. Or, dans leur article « Invisible Surveillance in Visual Arts [1]» (2012), Katherine et David Barnard-Wills démontrent que nous vivons dans une ère de la dataveillance. Celle-ci est définie comme l’« utilisation systématique de nos systèmes de données personnelles dans le but de surveiller ou de contrôler les actions d’une ou plusieurs personnes [2] ». Si les auteurs de ce brillant article voient une opposition entre la surveillance du corps et celle des données, l’œuvre make-A-move de Pat Badani réconcilie ces deux aspects et aborde, par là, la complexité des enjeux liés à la surveillance.

Deux visages sur des écrans encastrés dans un mur rouge réagissent au passage des visiteurs et travailleurs de l’immeuble du Pôle de Gaspé. La vitrine n’est plus cet espace conçu afin de rendre visible, depuis la voie publique, ce qui se déroule à l’intérieur d’un commerce ou d’une galerie. Opaque, elle sculpte désormais l’espace public lui-même avec les regards curieux, apeurés ou discrets des visages qui occupent sa surface. Ce sont alors les visiteurs qui se retrouvent dans le grand aquarium que représente l’espace public sous l’égide de la surveillance. Les senseurs captent notre présence et nos mouvements ; ils réagissent plus fortement à certaines couleurs de vêtement. Le captage de nos données, par sa dimension cachée, entraine ce que Georgio Agamben appelle la désubjectivation[3]. Il vise à contrôler l’être humain plutôt qu’à créer de nouvelles subjectivités. Seulement, ici, l’animation des portraits photographiques, par son caractère saccadé et répétitif, ne leurre pas : nous savons qu’il y a là un processus technologique, voire algorithmique. Le dispositif rendu en partie visible permet de nous amuser avec celui-ci en nous approchant ou en nous éloignant de lui. On peut lui échapper, aussi. Bref, il nous permet de tester ses limites. Ainsi, nous découvrons que les regards ne peuvent traquer qu’une personne à la fois et qu’ils privilégient la proximité. Nous devinons que le reflet de la vitre parasite le bon fonctionnement du dispositif. Ce sont précisément ces « failles » qui incitent à la participation ; cette participation qui, pour paraphraser le critique américain Howard Rheingold, est un véritable antidote au contrôle et à la surveillance[4].

Avec make-A-move, c’est le potentiel créatif et ludique de la surveillance qui est mis en scène. La possibilité d’une subjectivité au sein de ce processus est, quant à elle, ravivée par les portraits en gros plan et la distance intime qu’ils imposent. Par cette œuvre participative, Pat Badani nous convie à penser la surveillance comme quelque chose qui peut être réapproprié afin de façonner un espace public à l’avantage de ses multiples singularités.

 

[1] Katherine et David Barnard-Wills (2012). « Invisible Surveillance in Visual Art », Surveillance & Society, UK, no10, pp.204-214.

[2] Traduction de l’auteure. Ibid., p.206

[3] Agamben, Giorgio. (2006). Qu’est-ce qu’un dispositif? Paris : Payot

[4] Roland Piquepaille. (2006). « Howard Rheingold About Our Mobile World », ZDNet, http://www.zdnet.com/article/howard-rheingold-about-our-mobile-world/, consulté le 11 novembre 2015.

 

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Agence TOPO est fière de faire partie de la délégation Quebec Digital Arts in NYC. L’évènement est organisé dans le cadre des festivités entourant le 75e anniversaire de la Délégation générale du Québec à New York, du 22 au 24 octobre 2015. Agence TOPO fait partie d’une mission organisée par le CQAM pour développer les marchés et publics de la famille des arts numériques. Découvrez toute la programmation sur l’appli #QDANYC :
www.cqam.org/webapp

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Les inscriptions sont actuellement en cours pour la 11e édition de Doc Circuit Montréal, qui se déroulera du 14 au 18 novembre prochain, dans le cadre des Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM).

Cette année, DCM est heureux d’annoncer plus de 120 invités locaux et internationaux, et votre inscription au Face-à-face du 17 novembre vous permettra de prendre des réunions individuelles avec des décideurs de proue, dont:

Canal+, Sundance Institute, Tribeca Film Institute, ARTE GEIE, ARTE: Thema, American Documentary / POV, Upian, Bayerischer Rundfunk, GATHR, Monoduo, Union Docs et les festivals

HotDocs, True/False, Festival La Roche sur Yon, Sunny Side of the Doc, Camden International Film Festival et Cinéma du Réel.

 

Parmi nos invités canadiens, nous comptons les chefs de programmes des diffuseurs suivants: Radio-Canada, TV5, CBC-Documentary Channel, Télé-Québec, Super Channel, ONF, ARTV, VICE Media, Canal D, ainsi que plusieurs autres.

 

Consultez la programmation confirmée ici, ainsi que la liste complète des décideurs présents au Face-à-face 2015.

 

Les inscriptions se terminent le 1er novembre.

http://www.ridm.qc.ca/fr/docircuitmtl/inscription

Au plaisir de vous accueillir à Doc Circuit Montréal cette année!

 

Samara Chadwick

Programmatrice DCM

 

Melanie Lanza

Coordonnatrice de production DCM

 

Inscrivez-vous dès maintenant à notre infolettre afin de vous tenir informés du marché professionnel Doc Circuit Montréal (DCM)! Beaucoup d’information vous sera partagée par infolettre durant le festival.

 

Consultez notre site web – www.doccircuitmontreal.ca

et suivez-nous sur Facebook

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Par Paule Mackrous

Derrière la vitre, neufs carnets ouverts s’animent sans relâche. Leur éclairage dicte le rythme, ordonne la « lecture », car grâce à un fin découpage au montage, les pages s’illuminent les unes après les autres ou en alternance par petits groupes. La symphonie visuelle a un chef d’orchestre, un élément qui crée une cohésion entre les séquences. Celui-ci est visible dans l’œuvre : c’est le corps.

Dès les premiers instants, l’image d’un dos, nu, occupe les deux pages d’un carnet. La colonne vertébrale coïncide avec le centre du livre. Comme pour souligner cette corrélation, une main dessine un trait le long de la ligne imaginaire. Le corps devient alors le carnet, et la peau, la nouvelle surface d’inscription. Dans d’autres carnets, une main munie d’un crayon opacifie les pages alors qu’une autre tente en vain de capter le contour d’un sac de plastique tournoyant dans sa rafale de vent. Plus tard, on effacera les traits. Ces différentes séquences mettent en scène une écriture qui n’est pas le fruit de l’agencement des mots ou des formes de manière définitive, mais qui résulte d’une action transitoire prenant racine dans le corps.

Le carnet, raconte Isabelle Beaulieu, a pour fonction de « surligner délibérément la beauté du désordre qui gouverne nos jours 1». Objet sur lequel est projeté un imaginaire en action, on y accumule des impressions, on y collectionne des observations. Si l’on tente d’y traduire spontanément son perçu et peut-être, par là, de le figer dans le temps, le carnet enrichit l’expérience bien plus qu’il ne parvient à la conserver. Il est une source d’éveil pour celui qui le tien parce qu’il pousse à porter attention. En même temps, il commande d’accueillir la perte, d’accepter de laisser dans l’ombre ce qui échappe au champ de vision et à l’expérience subjective. Les tentatives de capture et l’effacement des traits chez McDuff évoquent l’impossibilité de tout saisir, de tout garder. La vitre, qui nous tient à l’écart en même temps qu’elle nous inclut dans l’œuvre par son reflet, agit telle une protectrice de cette mémoire fragmentée, fragile et intime.

Comme le disait Heidegger : « Être réceptif à l’art, c’est revivre l’expérience du créer2 ». Les carnets de McDuff attirent notre attention sur l’acte de création. Par là, Carnets de capture nous rappelle qu’il faut surtout ne « rien pétrifier », qu’il faut penser toute chose sous l’angle de la mise en mouvement 3». Entre le monde du carnet comme objet et celui, imaginaire, qui se cristallise sur la surface de la page, il y a le geste corporel garant d’une pensée en actes, d’une expérience toujours renouvelée.

1 Isabelle Beaulieu. (2014). « Carnets d’écrivains, la présence au monde », Revue Les libraires, no 8.
2 Paul Audi. (2003). L’ivresse de l’art, Nietzsche et l’esthétique. Paris : Inédit, p.74.
3 Georges Didi-Huberman. (2002). L’image survivante : Histoire de l’art et temps des fantômes. Paris : Minuit, p.36