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The eighth edition of the COMPOSITE FORUM will be presented on February 15th, 2017 at La Gare | Espace collaboratif, 5333 Casgrain, starting at 5:30 PM. During this event, digital artists and entrepreneurs share their projects and concepts – both completed and in development – all within a short and creative format.

This initiative resulting from several meetings organized by the Conseil des arts de Montréal seeks to give rise to connections and cross-pollination between creators, artists’ centres, organizations, businesses, and professionals operating within the digital milieu. The goal: to inspire, inspire… and inspire!

The COMPOSITE forum is organized alternately by various organisms in partnership with enterprises to host the event. The eighth edition is organized by TOPO in collaboration with La Gare.

▬▬▬▬▬▬▬▬▬ PROGRAMME  ▬▬▬▬▬▬▬▬▬

18 h 00 – Welcoming speeches

Host : Eva Quintas
Presentations :
Julien Valmary, directeur du soutien et des initiatives stratégiques, Conseil des arts de Montréal
Christian Bélair, président de Crédo, La Gare / Espace collaboratif

18 h 15 – Presentations

(Descriptions are only available in french. Thanks for your understanding)

1 – Roxanne Arseneault, Jonathan Demers et l’expérience médiatique de la revue HB

Le plus récent numéro de la revue HB, spécialisée dans la pratique du dessin, prend vie sous forme d’installation au Centre d’art et de diffusion Clark.

2 – Daniel Iregui et le projet DELETE du studio de création Iregular

Loin d’être une expérience théâtrale traditionnelle, DELETE propose une expérience artistique immersive in situ à des élèves en les plongeant dans un monde virtuel, une expérience qui touche directement ces enfants du numérique.

3 – Philippe Larose Cadieux et le projet Surveillance au centre de ski Bromont

Sur la piste Candiac du centre de ski Bromont, des faisceaux lumineux suivent les skieurs, créant une expérience de projection extérieure inédite sur la montagne.

4 – Allegra Poshmann de l’agence Dynamo et le projet de communication pour la start-up Sonder

Avec pour mandat de réimaginer l’image de la plateforme de sous-location Sonder, Dynamo fait appel à des photographes locaux sur Instagram et propose une approche qui évoque le thème du voyage, illustré notamment par les phases de la lune et les mouvements d’entités célestes.

5 – Simon Harel et le Laboratoire sur les récits du soi mobile de l’Université de Montréal

Affilié à l’Université de Montréal, le Laboratoire sur les récits du soi mobile crée une expérience inédite de rapprochement citoyen autour du futur Campus Outremont de l’Université de Montréal : le Catalyseur d’imaginaires urbains, une cité de recherche-création à ciel ouvert.

6 – Sophie Midavaine et le mur interactif de l’entreprise Float4 pour Sofitel

Le mur interactif conçu par l’entreprise Float4 pour Sofitel allie contenus interactifs, artistiques et informatifs ainsi qu’un kiosque de photo et une section graffiti dans un hôtel 5 étoiles de Paris.

7 – Vali Fugulin, de l’entreprise Dpt. et le projet interactif Tout garni des Éditions La Pastèque

Produit par La Pastèque, éditeur jeunesse et BD, le projet numérique Tout garni propose à chaque mois de 2017 un épisode des aventures d’Arthur le livreur de pizza, sur la plateforme toutgarni.com.

8 – Annonce d’une nouvelle mesure de la Ville de Montréal dédiées aux initiatives collaboratives en créativité numérique

 

Closing remarks and announcement of the next Composite event

19 h 15 – Networking

20 h 00 – Closing of the event

 

▬▬▬▬▬▬▬▬▬ IMPORTANT INFORMATION ▬▬▬▬▬▬▬▬▬

La Gare / garemtl.com

5333 Casgrain, suite 102

Montréal, Qc

H2T 1X3

► Free

► Seats are limited: reserve your ticket at evenbrite: : bit.ly/2kJZmJv

#CompositeMTL

 

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DIGITAL EMERGING ARTISTS’ PROJECT PRESENTATIONS

 

 

 

Presented by the Society for Arts and Technology (SAT), the Conseil québécois des arts médiatiques (CQAM), Agence TOPO, Eastern Bloc, Labo NT2, OBORO, PRIM, Studio XX and Vidéographe, Labsessions invite emerging artists working in the field of digital art to submit a new work-in-progress project for the 12th Labsessions event, taking place on Wednesday March 22 2017, from 5-8pm at the Société des arts technologiques (SAT).

Labsessions aim to support emerging artists working in digital arts, and to give them the opportunity to showcase the work they do. Those events are also a networking place for artists, digital art organizations attendees and for various cultural workers.

Three projects will be selected and each artist will be invited to do a short presentation (or demo) in front of those attending the event. Following the presentations and question periods, the partner organizations will provide constructive criticism through written commentaries and suggestions which will be sent to the artist later on.

In addition to the Labsessions, partner organizations might offer assistance to their sole discretion; which can take different forms depending on their respective mandate and resources (equipment loan, access to media labs, technical support, consultation or mentorship, access to an activity or a festival, etc.).

 

ELIGIBILITY CRITERIA

• You must be a Canadian emerging artist working in the field of digital art;
• Having an innovative project in progress;
• Only one project by edition;
• Meeting the deadline with an application form fully completed (PDF or Word);
• Selected applicants should be ready to present their project to an audience for 15 minutes in English or French (pictures highly recommended).

 

ASSESSMENT CRITERIA

• Artistic quality and originality
• Ability to realize the project
• Possibility of dissemination and impact
• Application quality

Please send your application at info@cqam.org

Application Deadline: Tuesday, February 28th, 2017.

 

The jury is composed of media arts organizations’ representatives. Only applicants whose projects are selected will be contacted. Travel expenses will not be covered.

INFO & CONTACTS 

Joseph Lefèvre
Director, Art Residencies and Creation (SAT)
514 844.2033 # 214
Labsessions@sat.qc.ca

Marilyne Parent
Communication Director (CQAM)
514 527-5116
info@cqam.org

PARTNERS

 

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Paule Mackrous

Projeté dans la vitrine, un taureau au fond d’un enclos nous regarde droit dans les yeux. Trois cercles au sol présentent des « traces » de bottes de cowboy entourées d’un lasso, invitant le spectateur à y poser les pieds. Lorsqu’on s’installe sur le premier, le taureau s’avance un peu; sur le deuxième, il s’approche davantage. Alors que nous nous tenons sur le troisième, il nous charge, envahissant la surface vitrée. Malgré notre conscience du dispositif, notre corps réagit; il opère un mouvement de recul.

Toro embistiendo nous transporte complètement ailleurs, dans l’enclos face à la bête sauvage. Bien qu’improbable, cette expérience est ancrée dans nos imaginaires. Dans les représentations culturelles, il semble que le taureau cherche toujours à foncer sur quelqu’un. Viennent alors en tête ces images de ceux qui, courageusement, défient les animaux. Si l’œuvre a d’abord été créée dans le cadre du centième anniversaire du Calgary Stampede, un festival de rodéo de grande envergure, le titre réfère quant à lui à la culture de la tauromachie. On évoque ainsi deux personnages mythiques, soit celui du toréro combattant les taureaux dans l’arène en Espagne, puis celui du cowboy rodéo, figure identitaire de l’Ouest américain et canadien faisant l’épreuve de la monte du taureau. Par là, l’oeuvre touche un sujet universel, celui d’une masculinité qui serait définie par le courage, la maitrise de l’animal et la constante mise à l’épreuve du corps. Ces caractéristiques traduisent la liberté intouchable et viscérale qui entoure encore aujourd’hui la figure du cowboy : « this sense of personal freedom, then, is one important factor explaining the strong and almost universal appeal of the cowboy image[1]»

Toro embistiendo ne présente ni éloge, ni réquisitoire face à ces phénomènes. Si hommage il y a, celui-ci est rendu au magnifique animal sauvage. Si une critique émerge, c’est celle que génère notre propre réaction face à l’hostilité du taureau qui nous apparait ici liée à l’enfermement et au dressage auxquels on le soumet. L’enclos révèle alors un cowboy peu héroïque en ce qu’il compromet la liberté des uns pour mettre en œuvre ses prouesses.  Cette « conquête de l’animal [2]» devient à son tour une métaphore de la conquête sanglante de l’ouest marquée par la colonisation, la domestication et la suppression de ceux et celles qu’on appelait avec mépris des « sauvages ». Enfin, le cowboy fantasmé n’est certes pas celui, tant encensé, de la réalité. Tout comme le taureau dans son enclos, il a été déformé par les mythes et les légendes qui en ont fait un emblème.

L’œuvre de Jean-René Leblanc et Carl Spencer confronte bien plus qu’elle ne divertit ou glorifie. Elle s’éloigne du spectacle de rodéo où l’on expérimente, par procuration, le risque pris par le participant et où l’on admire sa bravoure. Elle fait plutôt émerger une multitude de duels sans réconciliation ni aboutissement possibles, entre l’humain et l’animal, entre le culturel et le sauvage, mais aussi et surtout, entre la beauté et la cruauté.

[1] Elizabeth Atwood Laurence (1989). Rodeo : An Anthropologist Look at the Wild and the Tame. Chicago. University of Chicago Press, p. 65
[2] Ibid., p.253.

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Paule Mackrous

Lors du vernissage, les couloirs du 5445-5455, avenue De Gaspé sont combles : la rentrée des galeries attire son lot de visiteurs. Le contexte est propice pour explorer Fit in the Crowd de Julien Robert, une œuvre qui transforme un lieu transitoire en une sorte de rite de passage. Un rite a pour fonction, entre autres, de séparer « ceux qui l’ont subi de ceux qui ne l’ont pas subi [1]». Or, à mon avis, pour expérimenter l’œuvre, il faut le subir : il faut entrer dans le sas.

Un sas se définit comme une pièce permettant le transit d’un milieu à un autre, mais aussi d’un état à un autre. Non loin de la vitrine, des rideaux noirs sont disposés pour former un corridor temporaire, un lieu en retrait de la foule. Durant la traversée, une caméra capte notre image pour la retransmettre dans l’œuvre projetée sur la vitrine. Nos corps, du moins leur effigie fantomatique, se manifestent à répétition, en compagnie de celui des autres qui ont aussi traversé les murs de tissus. Bien qu’elle fasse écho au fourmillement de cette soirée festive, la foule représentée dans l’œuvre demeure fictive, imaginaire. Les gens qui s’y côtoient longuement paraissent habiter une bulle impénétrable; ils ne se regardent pas. Ils ne se sont peut-être jamais croisés!

Durant les quelques minutes qui séparent notre passage dans le sas et notre apparition à l’écran, on anticipe. Peut-être même qu’on s’impatiente. On observe attentivement les autres : leur démarche et leur qualité de présence. Sont-ils près de nous, devant la vitrine? C’est la recherche du plaisir de la reconnaissance dont parlait Aristote : « On se plaît en effet à regarder les images, car leur contemplation […] permet de se rendre compte de ce qu’est chaque chose, par exemple que ce portrait-là, c’est un tel [2]». Ce plaisir est ici poussé à son comble, vers une sorte d’exaltation égotique.

Lorsqu’on s’approche de la vitrine, cela déclenche, par le truchement d’un senseur, d’autres vidéos qui s’imbriquent avec celui des corps. On se voit apparaître en filigrane dans du foin, une sorte de refuge pour l’individu. Sinon, les corps s’agglutinent dans la ville, un lieu où l’on peut ressentir l’apaisement que génère l’anonymat. Une autre vidéo montre de manière saccadée des coupures de journaux dont on ne saisit que les grands titres. Cela réfère à la surcharge d’informations à laquelle nous sommes quotidiennement confrontés.

L’œuvre nous propulse dans un autre espace-temps dans lequel nos corps sont assujettis au rythme de l’algorithme. Dépassant largement le reflet superficiel de notre situation dans l’espace réel, Fit in the Crowd nous fait prendre conscience de notre présence singulière et du désir de sérénité qui nous unit les uns aux autres dans le bruit, l’agitation et l’affluence, comme dans la solitude.

++++

[1] Pierre Bourdieu, « Les rites comme actes d’institution », Actes de la recherche en sciences sociales, vol 43, no 1, p.58.

[2] Aristote, Poétique, Paris, Librairie générale Française, 1990, p.89.