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Par Paule Mackrous

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On représente la plupart du temps la surveillance par une sorte d’anthropomorphisme : c’est l’humain qui surveille l’autre humain par le truchement d’un dispositif. Or, dans leur article « Invisible Surveillance in Visual Arts [1]» (2012), Katherine et David Barnard-Wills démontrent que nous vivons dans une ère de la dataveillance. Celle-ci est définie comme l’« utilisation systématique de nos systèmes de données personnelles dans le but de surveiller ou de contrôler les actions d’une ou plusieurs personnes [2] ». Si les auteurs de ce brillant article voient une opposition entre la surveillance du corps et celle des données, l’œuvre make-A-move de Pat Badani réconcilie ces deux aspects et aborde, par là, la complexité des enjeux liés à la surveillance.

Deux visages sur des écrans encastrés dans un mur rouge réagissent au passage des visiteurs et travailleurs de l’immeuble du Pôle de Gaspé. La vitrine n’est plus cet espace conçu afin de rendre visible, depuis la voie publique, ce qui se déroule à l’intérieur d’un commerce ou d’une galerie. Opaque, elle sculpte désormais l’espace public lui-même avec les regards curieux, apeurés ou discrets des visages qui occupent sa surface. Ce sont alors les visiteurs qui se retrouvent dans le grand aquarium que représente l’espace public sous l’égide de la surveillance. Les senseurs captent notre présence et nos mouvements ; ils réagissent plus fortement à certaines couleurs de vêtement. Le captage de nos données, par sa dimension cachée, entraine ce que Georgio Agamben appelle la désubjectivation[3]. Il vise à contrôler l’être humain plutôt qu’à créer de nouvelles subjectivités. Seulement, ici, l’animation des portraits photographiques, par son caractère saccadé et répétitif, ne leurre pas : nous savons qu’il y a là un processus technologique, voire algorithmique. Le dispositif rendu en partie visible permet de nous amuser avec celui-ci en nous approchant ou en nous éloignant de lui. On peut lui échapper, aussi. Bref, il nous permet de tester ses limites. Ainsi, nous découvrons que les regards ne peuvent traquer qu’une personne à la fois et qu’ils privilégient la proximité. Nous devinons que le reflet de la vitre parasite le bon fonctionnement du dispositif. Ce sont précisément ces « failles » qui incitent à la participation ; cette participation qui, pour paraphraser le critique américain Howard Rheingold, est un véritable antidote au contrôle et à la surveillance[4].

Avec make-A-move, c’est le potentiel créatif et ludique de la surveillance qui est mis en scène. La possibilité d’une subjectivité au sein de ce processus est, quant à elle, ravivée par les portraits en gros plan et la distance intime qu’ils imposent. Par cette œuvre participative, Pat Badani nous convie à penser la surveillance comme quelque chose qui peut être réapproprié afin de façonner un espace public à l’avantage de ses multiples singularités.

 

[1] Katherine et David Barnard-Wills (2012). « Invisible Surveillance in Visual Art », Surveillance & Society, UK, no10, pp.204-214.

[2] Traduction de l’auteure. Ibid., p.206

[3] Agamben, Giorgio. (2006). Qu’est-ce qu’un dispositif? Paris : Payot

[4] Roland Piquepaille. (2006). « Howard Rheingold About Our Mobile World », ZDNet, http://www.zdnet.com/article/howard-rheingold-about-our-mobile-world/, consulté le 11 novembre 2015.

 

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NY2015

Agence TOPO est fière de faire partie de la délégation Quebec Digital Arts in NYC. L’évènement est organisé dans le cadre des festivités entourant le 75e anniversaire de la Délégation générale du Québec à New York, du 22 au 24 octobre 2015. Agence TOPO fait partie d’une mission organisée par le CQAM pour développer les marchés et publics de la famille des arts numériques. Découvrez toute la programmation sur l’appli #QDANYC :
www.cqam.org/webapp

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Registration is currently underway for the 11th edition of Doc Circuit Montreal, taking place from November 14-18 during the Montreal International Documentary Festival (RIDM).

This year, Doc Circuit Montreal is pleased to announce more than 120 local and international guests. Registering for our One-on-One event on November 17th will allow you to book individual meetings with major decision makers, such as the commissioning editors and programmers of:

 

Canal+, Sundance Institute, Tribeca Film Institute, ARTE GEIE, ARTE: Thema, American Documentary / POV, Upian, Bayerischer Rundfunk, GATHR, Monoduo, Union Docs, as well as festivals like HotDocs, True/False, Festival La Roche sur Yon, Sunny Side of the Doc, Camden International Film Festival and Cinéma du Réel.

 

Among our Canadian guests, we are pleased to welcome the producers and commissioning editors from  Radio-Canada, TV5, CBC-Documentary Channel, Télé-Québec, Super Channel, ONF, ARTV, VICE Media, Canal D, as well as many others.

 

Consult our confirmed programming, and see the complete list of the 2015 Decision-Makers here.

 

Registration ends November 1st, 2015.

http://www.ridm.qc.ca/en/docircuitmtl/registration

 

Looking forward to welcoming you to Doc Circuit Montreal this year!

 

Samara Chadwick

DCM Programmer

 

Melanie Lanza

DCM Production Coordinator

 

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During the festival, information on events will be shared through our newsletter.

 

For more information, visit our website – www.doccircuitmontreal.ca

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Par Paule Mackrous

Derrière la vitre, neufs carnets ouverts s’animent sans relâche. Leur éclairage dicte le rythme, ordonne la « lecture », car grâce à un fin découpage au montage, les pages s’illuminent les unes après les autres ou en alternance par petits groupes. La symphonie visuelle a un chef d’orchestre, un élément qui crée une cohésion entre les séquences. Celui-ci est visible dans l’œuvre : c’est le corps.

Dès les premiers instants, l’image d’un dos, nu, occupe les deux pages d’un carnet. La colonne vertébrale coïncide avec le centre du livre. Comme pour souligner cette corrélation, une main dessine un trait le long de la ligne imaginaire. Le corps devient alors le carnet, et la peau, la nouvelle surface d’inscription. Dans d’autres carnets, une main munie d’un crayon opacifie les pages alors qu’une autre tente en vain de capter le contour d’un sac de plastique tournoyant dans sa rafale de vent. Plus tard, on effacera les traits. Ces différentes séquences mettent en scène une écriture qui n’est pas le fruit de l’agencement des mots ou des formes de manière définitive, mais qui résulte d’une action transitoire prenant racine dans le corps.

Le carnet, raconte Isabelle Beaulieu, a pour fonction de « surligner délibérément la beauté du désordre qui gouverne nos jours 1». Objet sur lequel est projeté un imaginaire en action, on y accumule des impressions, on y collectionne des observations. Si l’on tente d’y traduire spontanément son perçu et peut-être, par là, de le figer dans le temps, le carnet enrichit l’expérience bien plus qu’il ne parvient à la conserver. Il est une source d’éveil pour celui qui le tien parce qu’il pousse à porter attention. En même temps, il commande d’accueillir la perte, d’accepter de laisser dans l’ombre ce qui échappe au champ de vision et à l’expérience subjective. Les tentatives de capture et l’effacement des traits chez McDuff évoquent l’impossibilité de tout saisir, de tout garder. La vitre, qui nous tient à l’écart en même temps qu’elle nous inclut dans l’œuvre par son reflet, agit telle une protectrice de cette mémoire fragmentée, fragile et intime.

Comme le disait Heidegger : « Être réceptif à l’art, c’est revivre l’expérience du créer2 ». Les carnets de McDuff attirent notre attention sur l’acte de création. Par là, Carnets de capture nous rappelle qu’il faut surtout ne « rien pétrifier », qu’il faut penser toute chose sous l’angle de la mise en mouvement 3». Entre le monde du carnet comme objet et celui, imaginaire, qui se cristallise sur la surface de la page, il y a le geste corporel garant d’une pensée en actes, d’une expérience toujours renouvelée.

1 Isabelle Beaulieu. (2014). « Carnets d’écrivains, la présence au monde », Revue Les libraires, no 8.
2 Paul Audi. (2003). L’ivresse de l’art, Nietzsche et l’esthétique. Paris : Inédit, p.74.
3 Georges Didi-Huberman. (2002). L’image survivante : Histoire de l’art et temps des fantômes. Paris : Minuit, p.36

 

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C‘est par ces mots invitant à l’exploration que nous avons entrepris de réaliser Cabinets de curiosités, un projet de création incorporant une dimension visuelle, littéraire, médiatique et spatiale, dont l’aboutissement est la mise en vitrine des créations de la clientèle du Centre Wellington et la réalisation de ce site internet.

Ces vitrines, nous les avons trouvées sur la rue Wellington en dialoguant avec des commerçants qui nous ont laissé de l’espace pour installer un ensemble d’œuvres regroupées autour des thématiques suivantes : mer, nature, urbanité, amour, humanité, poésie. Par la mise en vitrine, nous entendons aussi la création de ce site internet qui vient donner une pérennité à ce travail effectué par les usagers du Centre Wellington avec les artistes médiateurs Martine Koutnouyan et Gabrielle Lajoie-Bergeron, en février, mars et avril 2015. Les usagers sont aussi confiés à la caméra avec José Cortes Castillo, qui a su recueillir de nombreux témoignages.

Deux poètes ont ajouté une touche littéraire, Emmanuel Simard et Caroline Louisseize, qui a culminé avec la tenue d’une balade poétique, en collaboration avec Ghislaine Provost et Nathalie Séguin. C’est ainsi que le 4 juin 2015, nous avons inauguré l’exposition des cabinets de curiosités disséminés entre le 3966 et le 5019 de la rue Wellington. Au terme de cette balade organisée pendant la vente trottoir, le groupe s’est retrouvé au Café Baobab pour la présentation du site internet créé par l’Agence TOPO sous la direction de Joseph Lefèvre, du studio Jocool, avec l’imagination et la dextérité de Paul Gascou-Vaillancourt et José Cortes Castillo, de l’Agence TOPO.

En vitrine sur la rue Wellington, du 4 au 21 juin 2015
Imprimeries rubiks inc.: 3966, rue Wellington
Banque Royale : 4370, rue Wellington
C-Sweet : 4437, rue Wellington
Baobab Café : 4800, rue Wellington
Choco Passion : 5019, rue Wellington

Ce projet a bénéficié du soutien de la Division de la culture, des bibliothèques et du développement social de l’arrondissement de Verdun et du programme Culture et communauté de la Ville de Montréal, dans le cadre de l’Entente sur le développement culturel entre la Ville de Montréal et le ministère de la Culture et des Communications du Québec.

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